Accueil › Blog · Publié le 9 septembre 2026
Airbnb : histoire, fondateurs, chiffres et impact sur le tourisme
Airbnb appartient à ses actionnaires depuis son entrée en Bourse en décembre 2020, mais ses trois fondateurs gardent le contrôle des votes. Histoire, chiffres 2025, poids en France et en Suisse romande : voici ce qu'il faut savoir.
À qui appartient Airbnb ? À personne en particulier, et à des millions d'actionnaires à la fois. Airbnb, Inc. est une société cotée au Nasdaq sous le symbole ABNB. Ses trois cofondateurs, Brian Chesky, Joe Gebbia et Nathan Blecharczyk, détiennent des actions de classe B à droits de vote multiples qui leur assurent la majorité des voix. Le reste du capital est réparti entre des fonds institutionnels (Vanguard, BlackRock, Sequoia Capital à l'origine) et des investisseurs particuliers. Aucun groupe hôtelier, aucune plateforme concurrente ne possède Airbnb.

À qui appartient Airbnb aujourd'hui ?
Une société cotée depuis décembre 2020
Airbnb est entrée en Bourse le 10 décembre 2020, en pleine pandémie, à un moment où beaucoup pariaient sur sa chute. L'action a doublé dès le premier jour de cotation. Depuis, l'entreprise publie ses comptes chaque trimestre auprès de la SEC, le gendarme boursier américain, ce qui rend son actionnariat public et vérifiable.
Concrètement, n'importe qui peut acheter des actions Airbnb. Mais la structure du capital à deux classes fait que les actionnaires ordinaires (classe A, une voix par action) pèsent peu face aux fondateurs (classe B, vingt voix par action). C'est le même montage que chez Alphabet ou Meta.
Le poids des trois fondateurs
Brian Chesky reste le directeur général et le visage public de l'entreprise. Nathan Blecharczyk occupe le poste de directeur de la stratégie et préside Airbnb Chine. Joe Gebbia a quitté ses fonctions opérationnelles en 2022 tout en restant au conseil d'administration. À eux trois, ils conservent le contrôle effectif des décisions stratégiques.
Un point souvent mal compris : Airbnb ne possède aucun des logements proposés sur sa plateforme. Elle met en relation des hôtes et des voyageurs et prélève une commission sur chaque réservation. Le propriétaire de l'appartement que vous louez à Montreux ou à Sion, c'est un particulier ou une société locale, jamais Airbnb.
Qui a créé Airbnb et depuis quand existe la plateforme ?
Octobre 2007 : trois matelas gonflables à San Francisco
L'histoire commence dans un appartement de Rausch Street, à San Francisco. Brian Chesky et Joe Gebbia, deux designers diplômés de la Rhode Island School of Design, peinent à payer leur loyer. Une conférence de design sature les hôtels de la ville. Ils installent trois matelas gonflables dans leur salon, servent le petit-déjeuner et hébergent trois inconnus pour 80 dollars la nuit chacun.
Le site Airbedandbreakfast.com est mis en ligne en août 2008. Nathan Blecharczyk, ingénieur et ancien colocataire de Gebbia, rejoint le duo pour construire la plateforme. Le nom est raccourci en Airbnb en mars 2009, ce qui explique encore aujourd'hui les hésitations sur la bonne façon d'écrire Airbnb, avec ou sans majuscule au milieu.
Les étapes clés en quelques dates
- 2008 : pour financer le projet, les fondateurs vendent des boîtes de céréales à l'effigie des candidats à la présidentielle américaine, Obama O's et Cap'n McCain, et récoltent environ 30 000 dollars.
- 2009 : entrée dans l'incubateur Y Combinator, puis premier tour de financement mené par Sequoia Capital.
- 2011 : ouverture du premier bureau européen et lancement de la garantie hôte après un cambriolage médiatisé.
- 2016 : lancement des Expériences, qui élargissent l'offre au-delà de l'hébergement.
- 2020 : effondrement des réservations au printemps, licenciement d'un quart des effectifs, puis introduction en Bourse en décembre.
- 2025 : nouvelle version de l'application avec les Services (chefs, massages, coiffure) et un nouveau catalogue d'Expériences.
Airbnb existe donc depuis 2008, soit dix-huit ans en 2026. En moins de deux décennies, l'entreprise est passée de trois matelas à plus de 8 millions d'annonces actives dans plus de 220 pays et régions.
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Les résultats annuels publiés en février 2026 donnent une image précise de la taille de l'entreprise. Ces chiffres proviennent du rapport financier officiel du quatrième trimestre 2025.
- Chiffre d'affaires 2025 : 12,24 milliards de dollars, en hausse d'environ 10 % sur un an.
- Bénéfice net : 2,51 milliards de dollars, soit une marge nette proche de 20 %.
- Nuitées et expériences réservées : 533 millions, en progression de 8 %.
- Valeur brute des réservations : 91,3 milliards de dollars transitant par la plateforme.
- Rachats d'actions : 1,1 milliard de dollars sur le seul quatrième trimestre, dans le cadre d'un programme de 6 milliards.
- Communauté : plus de 5 millions d'hôtes et plus de 2 milliards d'arrivées de voyageurs depuis la création.
Pour donner un ordre de grandeur, la valeur des réservations gérées par Airbnb en une année dépasse le chiffre d'affaires cumulé des groupes Marriott et Hilton. La différence, c'est qu'Airbnb ne possède aucun mur et emploie moins de 7 000 personnes.

Combien de Airbnb en France ?
Plus de 1,3 million d'annonces actives
La France est le deuxième marché d'Airbnb dans le monde, derrière les États-Unis. Selon les données AirDNA compilées entre octobre 2024 et septembre 2025, le pays compte en moyenne 1,31 million de locations de courte durée actives chaque mois, dont 71 % passent par Airbnb. La plateforme est présente dans 81 % des communes françaises, y compris dans des villages sans le moindre hôtel.
Paris reste la première métropole mondiale en nombre d'annonces, avec 84 000 à 90 000 logements proposés selon les périodes. Mais la tendance s'inverse : l'Atelier parisien d'urbanisme relève une baisse de 14 % des logements entiers disponibles depuis le 1er janvier 2025, conséquence directe des nouvelles règles locales.
Un cadre légal qui se durcit
La loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, a donné aux communes françaises de nouveaux outils : possibilité d'abaisser le plafond de location d'une résidence principale de 120 à 90 jours par an, quotas de meublés touristiques par quartier, obligation de diagnostic de performance énergétique. La fiscalité a aussi été alourdie, avec un abattement ramené à 30 % pour les meublés non classés.
Pour un propriétaire du Pays de Gex ou de Haute-Savoie, ces règles françaises s'appliquent pleinement. Un chalet aux Gets ne relève pas du droit suisse, même si la clientèle vient en grande partie de Genève.
Airbnb en Suisse romande : chiffres et règles à connaître
Plus d'un milliard de francs de contribution au PIB
Le rapport publié par Airbnb en avril 2025 sur son activité en Suisse chiffre l'impact pour l'année 2024 : plus de 2 millions de voyageurs accueillis, plus de 1 milliard de francs de contribution au PIB national, 250 millions de francs de recettes fiscales et 375 millions de francs de revenus versés aux hôtes.
Le profil des hôtes suisses est très différent du cliché du multipropriétaire : plus de 80 % d'entre eux ne louent qu'un seul logement entier. Rapportées au parc immobilier suisse de 4,8 millions de logements, les annonces louées plus de 90 nuits par an représentent une fraction marginale. À Genève, l'activité générée par Airbnb dépasse 50 millions de francs par an selon le même rapport.
Genève, Vaud, Valais : trois régimes différents
Genève applique depuis 2018 une limite de 90 jours par an pour la location d'un logement entier via une plateforme. Au-delà, il s'agit d'un changement d'affectation soumis à autorisation. Le problème, c'est le contrôle : selon une enquête de la RTS publiée en 2025, 44 % des offres genevoises dépassent cette limite, contre 31 % en 2021. Le canton prépare un registre obligatoire des logements loués à court terme. Pour une location Airbnb à Genève, le respect de ce plafond est devenu le premier critère de sérieux.
Le canton de Vaud n'impose pas de plafond de jours cantonal, mais les communes fixent leurs propres règles et la taxe de séjour est prélevée automatiquement par Airbnb, comme à Genève. À Lausanne, le débat porte surtout sur la pénurie de logements et les nuisances de voisinage. En Valais, les stations comme Crans-Montana ou Zermatt vivent depuis longtemps de la location de résidences secondaires et disposent d'un cadre plus souple, avec des taxes de séjour propres à chaque commune.
Au total, Airbnb a reversé près de 18 millions de francs de taxes de séjour aux collectivités suisses partenaires entre 2016 et 2024. C'est peu à l'échelle du pays, mais significatif pour des communes touristiques de taille moyenne.
Comment Airbnb a bouleversé le tourisme
Pour les voyageurs : le logement entier devient la norme
Avant 2008, un voyageur qui voulait une cuisine et deux chambres louait un appartement de vacances par agence, avec caution, état des lieux et paiement par virement. Airbnb a standardisé la réservation instantanée, l'avis vérifié et le paiement sécurisé. Résultat : les familles et les groupes ont massivement basculé vers le logement entier, qui représente aujourd'hui la grande majorité des nuitées de la plateforme.
Le second effet, c'est la dispersion géographique. Les hôtels se concentrent près des gares et des centres. Les annonces Airbnb couvrent les quartiers résidentiels, les villages viticoles de Lavaux, les hameaux du val d'Hérens. Une partie des dépenses touristiques s'est déplacée avec elles.
Pour les hôtes : un revenu complémentaire, puis un vrai métier
Airbnb a créé une catégorie économique qui n'existait pas à cette échelle : le particulier qui loue occasionnellement sa résidence principale ou secondaire. En Suisse, le revenu médian d'un hôte reste modeste et sert souvent à couvrir les charges d'un bien hérité ou d'un pied-à-terre en station.
Mais la professionnalisation a suivi. Gérer les messages, les arrivées, le ménage et la tarification dynamique demande du temps et des outils. C'est ce vide qui a fait naître les conciergeries spécialisées. Avant de se lancer, il faut comprendre les étapes concrètes pour mettre son logement sur Airbnb et devenir hôte, de la déclaration communale au choix du régime fiscal.
Pour les villes : pression sur le logement et réponse réglementaire
Le revers de la médaille est documenté. Dans les villes tendues, chaque logement basculé en location touristique à l'année sort du marché locatif classique. Barcelone a annoncé la suppression de toutes ses licences d'ici 2028, New York a quasiment interdit les séjours courts en 2023, Paris a durci ses quotas. En Suisse romande, où le taux de vacance des logements est proche de zéro dans plusieurs cantons, la question est politiquement sensible.
La réponse d'Airbnb consiste à négocier des accords de collecte de taxes et à publier des rapports d'impact. La réponse des cantons consiste à créer des registres et à plafonner les jours. Entre les deux, les hôtes doivent naviguer dans un cadre qui change presque chaque année.

Ce que cela change pour un propriétaire en Suisse romande
Savoir à qui appartient Airbnb a une portée pratique : vous traitez avec une multinationale cotée, pas avec un partenaire local. La plateforme fixe ses commissions, ses règles d'annulation et ses conditions de remboursement, et les modifie sans négociation. Un hôte ne peut pas discuter avec Airbnb comme il le ferait avec une agence de Vevey ou de Neuchâtel.
Cela signifie trois choses pour un propriétaire romand :
- La conformité locale vous incombe. Airbnb ne vérifie pas que vous respectez le plafond de 90 jours genevois ni que vous avez annoncé votre activité à la commune. En cas de contrôle, c'est vous qui répondez.
- La fiscalité suisse s'applique. Les revenus de location sont imposables au titre de l'impôt sur le revenu, dans le canton du bien, avec déduction des frais effectifs. Au-delà d'un certain volume, la question de l'assujettissement à la TVA se pose.
- La performance dépend de l'exécution. Photos, réactivité aux messages, tarification saisonnière et qualité du ménage font la différence entre un bien qui tourne à 40 % et un bien qui tourne à 75 % d'occupation.
C'est précisément sur ces trois points qu'interviennent les services de conciergerie Airbnb comme ceux de Puce à l'Oreille : gestion des annonces, accueil des voyageurs, ménage professionnel, suivi des obligations communales et cantonales. Le propriétaire garde son bien, ses revenus et sa liberté d'usage, sans porter seul la charge opérationnelle.
Questions fréquentes sur Airbnb
Qui possède Airbnb en 2026 ?
Airbnb est une société cotée au Nasdaq. Ses actions sont détenues par des investisseurs institutionnels, des particuliers et ses trois fondateurs, Brian Chesky, Joe Gebbia et Nathan Blecharczyk, qui gardent le contrôle des votes grâce à des actions de classe B. Aucun groupe hôtelier n'en est propriétaire.
Airbnb est-elle une entreprise américaine ?
Oui. Airbnb, Inc. a son siège à San Francisco, en Californie, et est enregistrée dans l'État du Delaware. Ses activités européennes sont gérées depuis l'Irlande par Airbnb Ireland UC, ce qui explique que les factures reçues par les hôtes suisses mentionnent une adresse à Dublin.
Depuis quand Airbnb existe-t-elle en Suisse ?
Les premières annonces suisses datent de 2009 et 2010, peu après le lancement international. Les accords de collecte automatique de la taxe de séjour ont commencé en 2016, d'abord avec certaines communes, puis à l'échelle des cantons de Genève et de Vaud.
Combien Airbnb prélève-t-elle sur une réservation ?
Le modèle standard prélève environ 3 % du montant à l'hôte et une commission de service au voyageur, généralement autour de 14 %. Certains hôtes professionnels optent pour une commission unique d'environ 15 % à leur charge, sans frais pour le voyageur. Ces taux sont fixés par Airbnb et peuvent évoluer.
Un hôte peut-il louer plus de 90 jours par an à Genève ?
Pas sans autorisation. Le règlement genevois limite à 90 jours par an la location d'un logement entier via une plateforme. Au-delà, il faut une autorisation de changement d'affectation, rarement accordée dans les zones résidentielles. Louer une chambre dans son logement occupé n'est pas soumis au même plafond.
Airbnb reverse-t-elle la taxe de séjour à ma place ?
Dans les cantons de Genève et de Vaud, oui : la taxe est ajoutée automatiquement au prix payé par le voyageur et reversée par Airbnb à la collectivité. En Valais et dans d'autres cantons, cela dépend de la commune. L'hôte reste responsable de vérifier que la taxe est bien collectée et déclarée.
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